C'est profondément troublant de voir un inconnu pleurer en public. On regarde la personne du coin de l'oeil, de peur de l'embarasser, l'empathie perçant par toutes les pores de notre peau et... on se sent d'une impuissance !
Elle avait les yeux rougis, fixés sur du vide, comme hypnotisés par rien, le regard perdu dans le néant. Le brouhaha du métro faisait de son mieux pour cacher le son de ses discrets sanglots mais n'y parvenant pas tout-à-fait.
Qu'est-ce qui la faisait pleurer ?
- Une peine d'amour ?
- La mort d'un être cher ?
- La perte d'un emploi ?
- Un simple journée de marde qui ne se terminait pas ?
Comment aurais-je pu savoir ?
Pourtant, à la voir entrer par les portes de mon wagon, elle avait l'air badass; avec ses 2-3 piercings et sa casquette de punkette. Je n'aurais jamais cru, alors qu'elle me tournait le dos et que j'étais adossé dans mon coin, qu'elle transportait une peine sans nom et sans limite.
Je ne m'en aperçut en fait que lorsqu'un place se libéra et que je put m'asseoir près d'une belle fille brune en pleine contemplation zen, probablement revenant de la plage avec ses 5 sacs dont un contenant un chapeau de paille.
Le son de ses sanglots fut ce qui me fit détourner le regard de la belle brunette au regard apaisé vers la punkette en pleurs. J'étais dans une drôle de "vibe": d'un côté, j'avais le bien-être, l'apaisement total dont le regard vagabondait lentement sans se presser et de l'autre, un drame en train de se jouer dont personne d'autre ne semblait se soucier. Et moi, au centre.
Je cherchais le relâchement qui se trouvait à ma gauche, prendre un peu du soleil et du sable et me l'approprier mais revenait sans cesse à ma droite et ces yeux vides et fixes.
J'aurais voulu tendre la main et dire "ça va ?" ou "ça va pas ?", tendre la main et la laisser se blottir contre mon épaule. Ou peut-être lui demander si elle voulait en parler et lui payer un jus, n'importe où. Mais je sais très bien comment je réagirais si un inconnu me faisait la même chose. J'aurais un mouvement de recul instantané en disant un "non, non, ça va" presque brutal en me refermant sur moi-même et tentant de maîtriser mes larmes.
Peut-être que j'aurais quand même du essayer. Peut-être que c'est ce dont cette fille-là avait besoin. Une oreille attentive, une main amicale.
Mais c'est dur de s'aider à aider les autres.
vendredi, juillet 03, 2009
lundi, juin 29, 2009
La distribution de l'information > nouvelles technologies
Le 25 juin, comme tout un chacun le sait maintenant, Michael Jackson est mort. Et je n'en ai absolument rien à branler. Mais ce que je trouve intéressant, c'est que je l'ai appris par une collectivité d'utilisateurs de Facebook, mes contacts, qui laissaient des:
- "R.I.P. MJ"
ou des
- "Michael Jackson est mort... :-("
Depuis environ deux ans, depuis que j'habite mon loft, je me suis un peu coupé du monde en n'ayant plus accès à la télévision. Pas d'antennes de lapin pour moi, ni de gogosse satellitte , de cable, rien. Et je n'écoute pas la radio non plus. Ni ne lit le journal.
Pourtant, je reste au courant de ce qui se passe dans l'Univers, juste par l'internet. Que ce soit par mes abonnements à divers newsletter, mon vagabondage sur des blogs spécialisés, sur des blogs personnels ou par le networking de Facebook.
En me promenant sur Facebook, ce jour-là, j'avais l'impression un peu irréelle de me promener sur Sainte-Catherine et d'entendre la rumeur d'une foule discutant de ce que vient de se passer, en arrivant deux minutes après un accident. "what the fuck ?", que je me suis dit, "je vais aller voir sur google...". Et voilà, j'étais informé des derniers événements.
Et vous, comment avez-vous appris la mort de Michael Jackson ?
- "R.I.P. MJ"
ou des
- "Michael Jackson est mort... :-("
Depuis environ deux ans, depuis que j'habite mon loft, je me suis un peu coupé du monde en n'ayant plus accès à la télévision. Pas d'antennes de lapin pour moi, ni de gogosse satellitte , de cable, rien. Et je n'écoute pas la radio non plus. Ni ne lit le journal.
Pourtant, je reste au courant de ce qui se passe dans l'Univers, juste par l'internet. Que ce soit par mes abonnements à divers newsletter, mon vagabondage sur des blogs spécialisés, sur des blogs personnels ou par le networking de Facebook.
En me promenant sur Facebook, ce jour-là, j'avais l'impression un peu irréelle de me promener sur Sainte-Catherine et d'entendre la rumeur d'une foule discutant de ce que vient de se passer, en arrivant deux minutes après un accident. "what the fuck ?", que je me suis dit, "je vais aller voir sur google...". Et voilà, j'étais informé des derniers événements.
Et vous, comment avez-vous appris la mort de Michael Jackson ?
vendredi, juin 26, 2009
2e Universaire
Non, ce n'est pas pour copier Chantale que j'écris ceci, en fait, j'y pense depuis hier ou avant-hier mais les mots me manquaient un peu, et ils le font encore.
Le 25 juin 2007, mon amie Julie Charbonneau décédait. 2 ans plus tard, on a bougé, on a évolué, on a roulé notre bosse mais il y a quand même un sourire quelque part que l'on n'a pas oublié.
Ce dernier souvenir où elle était de l'autre côté de la rue pour attendre un autobus, riant comme une folle de nos simagrées et nous envoyant la main alors que nous partions vers Peaks pour entamer le trajet qui nous emmènerait chez Sylvain à Québec pour fêter la St-Jean.
Des fois, je me dis que j'ai peut-être envie d'aller revoir l'endroit où elle est enterrée. D'autres fois, je me dis que non, que ce n'est qu'un corps décomposé qu'il y a là.
M'enfin.
Des fois, j'ai envie d'en parler, d'autres fois non. Je me sens comme si tout avait été dit. Qu'y a-t-il à rajouter, vraiment ? Le même feeling qui nous ouvrait le ventre il y a deux ans est encore là si on regarde bien, mais quand on regarde ailleurs, on peut faire comme si rien n'était.
Le lent effacement (jamais complet) de la douleur fait son chemin. C'est encore injuste. C'est encore stupide et totalement random. Mais on ne peut rien y faire.
On peut juste tenter d'imaginer ce qu'elle aurait voulu que nous fassions de nos vies (principalement, être heureux) et s'appliquer à y arriver. Travailler à recevoir son hypothétique fierté.
***
***
Sur une même jetée, aujourd'hui j'ai appris qu'Élise, l'ex-blonde de mon cousin Francis est portée disparue depuis 2 jours. Supposément qu'elle était partie fêter la St-Jean le 23 avec des inconnus sur le bord d'une rivière où il y a une chute, dans le bois. Depuis, personne n'a eu de nouvelles d'elle et elle n'était pas à son travail aujourd'hui.
Si ce que j'écris à un quelconque pouvoir sur l'Univers, je me mets à genoux comme si j'y croyais, je baisse la tête et joins les mains et chuchote une prière en demandant qu'on la retrouve vivante et irritée que Francis ait appelé la police et fait tout un boucan comme ça, alors qu'elle était en train de faire le party on ne sait où.
Ouais, peut-être bien que je ne la porte absolument pas dans mon coeur, que je la trouve principalement fatiguante et hystérique et flotte de 12 ans, mais justement, que je demande qu'elle soit correcte ne vaut pas le double à cause de ce fait ?
Putain de 25 juin.
Le 25 juin 2007, mon amie Julie Charbonneau décédait. 2 ans plus tard, on a bougé, on a évolué, on a roulé notre bosse mais il y a quand même un sourire quelque part que l'on n'a pas oublié.
Ce dernier souvenir où elle était de l'autre côté de la rue pour attendre un autobus, riant comme une folle de nos simagrées et nous envoyant la main alors que nous partions vers Peaks pour entamer le trajet qui nous emmènerait chez Sylvain à Québec pour fêter la St-Jean.
Des fois, je me dis que j'ai peut-être envie d'aller revoir l'endroit où elle est enterrée. D'autres fois, je me dis que non, que ce n'est qu'un corps décomposé qu'il y a là.
M'enfin.
Des fois, j'ai envie d'en parler, d'autres fois non. Je me sens comme si tout avait été dit. Qu'y a-t-il à rajouter, vraiment ? Le même feeling qui nous ouvrait le ventre il y a deux ans est encore là si on regarde bien, mais quand on regarde ailleurs, on peut faire comme si rien n'était.
Le lent effacement (jamais complet) de la douleur fait son chemin. C'est encore injuste. C'est encore stupide et totalement random. Mais on ne peut rien y faire.
On peut juste tenter d'imaginer ce qu'elle aurait voulu que nous fassions de nos vies (principalement, être heureux) et s'appliquer à y arriver. Travailler à recevoir son hypothétique fierté.
***
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Sur une même jetée, aujourd'hui j'ai appris qu'Élise, l'ex-blonde de mon cousin Francis est portée disparue depuis 2 jours. Supposément qu'elle était partie fêter la St-Jean le 23 avec des inconnus sur le bord d'une rivière où il y a une chute, dans le bois. Depuis, personne n'a eu de nouvelles d'elle et elle n'était pas à son travail aujourd'hui.
Si ce que j'écris à un quelconque pouvoir sur l'Univers, je me mets à genoux comme si j'y croyais, je baisse la tête et joins les mains et chuchote une prière en demandant qu'on la retrouve vivante et irritée que Francis ait appelé la police et fait tout un boucan comme ça, alors qu'elle était en train de faire le party on ne sait où.
Ouais, peut-être bien que je ne la porte absolument pas dans mon coeur, que je la trouve principalement fatiguante et hystérique et flotte de 12 ans, mais justement, que je demande qu'elle soit correcte ne vaut pas le double à cause de ce fait ?
Putain de 25 juin.
samedi, juin 20, 2009
Au Royaume des Songes: "Un rendez-vous virtuel avec Jennifer Love Hewitt"
J'ai rêvé que j'étais devant mon ordinateur à naviguer l'internet et mettre des photos en ligne sur flickr, testant en même temps une fonction que je n'avais jamais vue dans mon navigateur internet. C'était un espèce de truc de chat à la MSN Messenger mais qui affichait du vidéo. C'était comme regarder de la télé en direct sur le net, d'une caméra provenant d'on ne sait où. C'était d'observer ses contacts qui vivaient dans le fond, avec leur consentement.
Alors, je cliquai sur un gars que je connais de par Flickr et que j'ai rencontré une fois dans la vraie vie, nommé "The Toine" (c'est pas son vrai nom, mais ça simplifie l'histoire). M'ouvre une fenêtre de vidéo où il est costumé en personnage romantique des années "50-'60, avec un chapeau de feutre et un habit. Il tient un pot de fleur en pénétrant dans un ascenceur qui le mènera sur le toît de l'édifice Ville-Marie, le plus haut building de Montréal, pour une fête très spéciale.
L'air de rien, je fais d'autres choses en écoutant le vidéo et j'en perds un bout jusqu'à ce qu'il arrive sur le toît, dans une grosse soirée. Il y a plein de monde que je connais par l'internet, des célébrités de l'internet Montréalais (entre autres, Rappaz, que vous connaissez peut-être d'"Entendu à Montréal") et je suis surpris de voir que mes amis Antoine et Luc y sont aussi, en train d'avoir de belles conversations, un verre à la main.
Soudainement, la vidéo et ma connexion à ce qui se passe confond les lois de la réalité, un peu comme on pourrait dire que la messagerie instantanée et les sites de networking comme Facebook nous permet de communiquer d'une manière autre, une manière qui nous semble tout aussi vrai que le réel.
Je SUIS là-bas et non plus dans mon appartement devant un clavier d'ordinateur. Dans cet univers-caméra virtuel qui a une teinte un peu verdâtre et un interlignage qui rend visible des milliers, de lignes horizontales.
J'entends The Toine qui explique à quelqu'un d'autres que les fleurs qu'il apporte vient rejoindre un immense paquet de fleurs qui embaume l'air et rajoute de la couleur à la fête. En effet, près de moi, des centaines de pots de fleurs sont disposés aléatoirement mais avec beauté. Supposément que c'est en même temps un test hautement scientifique partant de la prémisse qu'une intense concentration de fleurs nous donne fortement envie d'être étreint, de toucher l'autre, nous rend plus sociable et souriant.
Je vais voir Antoine et lui demande comment ça se fait que lui et Luc sont dans un party duquel ils ne m'avaient même pas parlé, je me sens un peu trahi, comme s'ils ne m'avaient pas invités par exprès. Surtout que ça a l'air du party du millénaire. Il ne voulait pas me déranger en fait, sachant que je travaillais le lendemain et tout ça.
Ouais, ouais...
Un peu déçu, je me l'éloigne pour me trouver un coin où il y a moins de monde (chose que je fais simplement en cliquant sur une case vide de discussion privée de l'engin de "chat"). Soudain, je vois encore les gens autour de moi et les entends, mais ils sont à-demi transparents (toujours avec cette teinte un peu verdâtre qui fait à la fois "Matrix" et vieilles caméras à tubes) et je les entends comme une rumeur. Je suis avec les gens, sans y être vraiment. Au-milieu d'eux mais seul.
Je m'assois dans une chaise pour deux personnes qui forme un "V" (où les têtes des personnes se retrouvent près l'une de l'autre dans l'encolure du V) et profite du panorama. C'est une nuit fraîche à Montréal et du haut de l'édifice Ville-Marie, les lumières de la ville brillent magnifiquement, paisiblement, contrastant étrangement avec le brouhaha de la soirée dans laquelle je me trouve mais s'alignant avec un zen intérieur qui m'habite soudain.
Puis, je ne suis plus seul. Je reste surpris de voir que sur l'autre branche du V (à ma gauche) est assise Jennifer Love Hewitt. J'engage la conversation avec elle comme si je n'avais aucune idée de qui elle est, mais sans aller jusqu'à mentir pour ne pas la connaître. On laisse juste de côté le fait qu'elle est une vedette internationale et ça lui plait.
C'est facile de parler avec elle. Elle est facile d'approche, souriante, agréable, drôle, tout simple. Avec une douceur, une innocence, une bonhomie, une joie de vivre qui émane d'elle, qui l'irradie. On parle des heures, dans cette "chambre" au-milieu des gens, qui nous donne simplement l'impression que nous sommes assez absorbés par notre conversation que ça nous fait oublier les autres.
Je la fais rire, je me sens bien et au-travers des heures, nous en venons à une complicité quasi-impossible, comme si nous en étions aux conversations sur l'oreiller. Confortables, ma tempe appuyée sur la sienne, nous regardons les lumières de la nuit en se racontant des histoires, en philosophant sur la vie, en tombant amoureux - ne serait-ce que pour un soir.
Nous regardons le soleil qui commence à éclairer les contours de l'horizon et... c'est pas mal la fin de la fête. Les gens (hologrammes ou réels ?) autour de nous se raréfient sans que nous nous en soyons rendus compte et la fatigue vient nous chercher. Il faut qu'on trouve un endroit pour aller se coucher (puisque je ne suis plus vraiment devant mon ordi, que je suis dans une réalité augmentée).
Antoine me dit qu'il n'y a pas de problèmes, que tous ceux qui étaient présents ont des chambres d'hôtels à leur nom (serait-ce parce qu'ils testaient cette nouvelle technologie qui m'a déjà séduit ?). En un battement de cil, moi et Jennifer nous retrouvons dans une chambre d'hôtel à nous embrasser avec fougue sur un lit en s'arrachant nos vêtements. C'est à la fois réel et faux, je sens comme une distance physique et comme un "lag" avec ce qui se passe mais je n'y prête aucune attention sauf l'espace d'un instant où je me sens séparé entre deux plans d'existence. C'est déconcertant.
Nus, passionnés, embrassades et paroles chaudes jusqu'à ce que - la porte s'ouvre et d'autres gens du party entrent alors que nous cachons précipitamment notre nudité sous les couvertures. Ah, c'était des chambres partagées que nous avions !
Refroidis, nous décidons de partir de là alors que des gens nous regardent d'un regard mauvais parce que nous allumons la lumière pour nous rhabiller et parce que nous parlons à un volume normal près de gens dormant déjà.
Elle m'offre un lift, malgré qu'elle habite à Vancouver ou Toronto et que je sois à Montréal. J'imagine que les distances importent peu, dans un univers virtuel.
Une fois dehors, nous nous dirigeons vers un stationnement et passons devant une pâtisserie qui se prépare à ouvrir, des employés s'activant devant les fourneaux dans le petit matin jaunâtre. En riant doucement, elle me dit qu'il nous reste encore à manger un beigne ensemble, un de nos projets futurs que nous avions élaborés dans nos lancées conversationnelles de la nuit. Elle me dit ça d'un ton tendre, avec un petit soupir, comme sachant qu'un événement voulu et utopique ne se produira jamais, par la force d'un destin incompatible.
Le trajet jusqu'à son camion pick-up suffit à nous montrer l'air de rien que la magie est terminée. Que le matin s'est levé et que c'est un autre jour. Pour une nuit, nous étions-nous dits. Cette constation mutuelle rend notre conversation un peu plus âcre, presque bête pour cacher que ça va quand même être douloureux de se séparer au final et préparer cette cassure. Et qui voudrait avouer qu'on souffre pour une simple conversation virtuelle d'une nuit ?
Ensemble, on charge mes affaires dans son pick-up qui est assez particulier: il n'a pas de roues et flotte un peu comme un montgolfier, au-dessus du sol, simplement retenu par de solides cordes aux quatre coins pour éviter qu'il ne s'envole. Ça nous prend une bonne coordination pour le baisser à notre niveau et notre genoux de chaque côté pour l'y garder.
À l'intérieur, c'est un peu comme si nous étions dans un bateau. Le camion volant chancelle de l'avant vers l'arrière et de l'arrière vers l'avant, suivant le souffle de la brise. On s'installe dans la cabine, avec elle derrière le volant et l'espace d'un instant, nous sommes arrivés et je me réveille.
***
***
Je me suis réveillé regaillardi d'un sommeil réparateur, avec un sourire doux. Même si le rêve se terminait quand même sur une note moins qu'idéale, j'ai ouvert les yeux en me sentant comme ce Félix que je suis et oublie souvent. Ce gars drôle, au regard franc, intelligent, intéressant et qui peut séduire. Ce gars remarquable qui pour l'espace d'une soirée, m'emmène parfois à des endroits où je ne croyais pas aller.
Alors, je cliquai sur un gars que je connais de par Flickr et que j'ai rencontré une fois dans la vraie vie, nommé "The Toine" (c'est pas son vrai nom, mais ça simplifie l'histoire). M'ouvre une fenêtre de vidéo où il est costumé en personnage romantique des années "50-'60, avec un chapeau de feutre et un habit. Il tient un pot de fleur en pénétrant dans un ascenceur qui le mènera sur le toît de l'édifice Ville-Marie, le plus haut building de Montréal, pour une fête très spéciale.
L'air de rien, je fais d'autres choses en écoutant le vidéo et j'en perds un bout jusqu'à ce qu'il arrive sur le toît, dans une grosse soirée. Il y a plein de monde que je connais par l'internet, des célébrités de l'internet Montréalais (entre autres, Rappaz, que vous connaissez peut-être d'"Entendu à Montréal") et je suis surpris de voir que mes amis Antoine et Luc y sont aussi, en train d'avoir de belles conversations, un verre à la main.
Soudainement, la vidéo et ma connexion à ce qui se passe confond les lois de la réalité, un peu comme on pourrait dire que la messagerie instantanée et les sites de networking comme Facebook nous permet de communiquer d'une manière autre, une manière qui nous semble tout aussi vrai que le réel.
Je SUIS là-bas et non plus dans mon appartement devant un clavier d'ordinateur. Dans cet univers-caméra virtuel qui a une teinte un peu verdâtre et un interlignage qui rend visible des milliers, de lignes horizontales.
J'entends The Toine qui explique à quelqu'un d'autres que les fleurs qu'il apporte vient rejoindre un immense paquet de fleurs qui embaume l'air et rajoute de la couleur à la fête. En effet, près de moi, des centaines de pots de fleurs sont disposés aléatoirement mais avec beauté. Supposément que c'est en même temps un test hautement scientifique partant de la prémisse qu'une intense concentration de fleurs nous donne fortement envie d'être étreint, de toucher l'autre, nous rend plus sociable et souriant.
Je vais voir Antoine et lui demande comment ça se fait que lui et Luc sont dans un party duquel ils ne m'avaient même pas parlé, je me sens un peu trahi, comme s'ils ne m'avaient pas invités par exprès. Surtout que ça a l'air du party du millénaire. Il ne voulait pas me déranger en fait, sachant que je travaillais le lendemain et tout ça.
Ouais, ouais...
Un peu déçu, je me l'éloigne pour me trouver un coin où il y a moins de monde (chose que je fais simplement en cliquant sur une case vide de discussion privée de l'engin de "chat"). Soudain, je vois encore les gens autour de moi et les entends, mais ils sont à-demi transparents (toujours avec cette teinte un peu verdâtre qui fait à la fois "Matrix" et vieilles caméras à tubes) et je les entends comme une rumeur. Je suis avec les gens, sans y être vraiment. Au-milieu d'eux mais seul.
Je m'assois dans une chaise pour deux personnes qui forme un "V" (où les têtes des personnes se retrouvent près l'une de l'autre dans l'encolure du V) et profite du panorama. C'est une nuit fraîche à Montréal et du haut de l'édifice Ville-Marie, les lumières de la ville brillent magnifiquement, paisiblement, contrastant étrangement avec le brouhaha de la soirée dans laquelle je me trouve mais s'alignant avec un zen intérieur qui m'habite soudain.
Puis, je ne suis plus seul. Je reste surpris de voir que sur l'autre branche du V (à ma gauche) est assise Jennifer Love Hewitt. J'engage la conversation avec elle comme si je n'avais aucune idée de qui elle est, mais sans aller jusqu'à mentir pour ne pas la connaître. On laisse juste de côté le fait qu'elle est une vedette internationale et ça lui plait.
C'est facile de parler avec elle. Elle est facile d'approche, souriante, agréable, drôle, tout simple. Avec une douceur, une innocence, une bonhomie, une joie de vivre qui émane d'elle, qui l'irradie. On parle des heures, dans cette "chambre" au-milieu des gens, qui nous donne simplement l'impression que nous sommes assez absorbés par notre conversation que ça nous fait oublier les autres.
Je la fais rire, je me sens bien et au-travers des heures, nous en venons à une complicité quasi-impossible, comme si nous en étions aux conversations sur l'oreiller. Confortables, ma tempe appuyée sur la sienne, nous regardons les lumières de la nuit en se racontant des histoires, en philosophant sur la vie, en tombant amoureux - ne serait-ce que pour un soir.
Nous regardons le soleil qui commence à éclairer les contours de l'horizon et... c'est pas mal la fin de la fête. Les gens (hologrammes ou réels ?) autour de nous se raréfient sans que nous nous en soyons rendus compte et la fatigue vient nous chercher. Il faut qu'on trouve un endroit pour aller se coucher (puisque je ne suis plus vraiment devant mon ordi, que je suis dans une réalité augmentée).
Antoine me dit qu'il n'y a pas de problèmes, que tous ceux qui étaient présents ont des chambres d'hôtels à leur nom (serait-ce parce qu'ils testaient cette nouvelle technologie qui m'a déjà séduit ?). En un battement de cil, moi et Jennifer nous retrouvons dans une chambre d'hôtel à nous embrasser avec fougue sur un lit en s'arrachant nos vêtements. C'est à la fois réel et faux, je sens comme une distance physique et comme un "lag" avec ce qui se passe mais je n'y prête aucune attention sauf l'espace d'un instant où je me sens séparé entre deux plans d'existence. C'est déconcertant.
Nus, passionnés, embrassades et paroles chaudes jusqu'à ce que - la porte s'ouvre et d'autres gens du party entrent alors que nous cachons précipitamment notre nudité sous les couvertures. Ah, c'était des chambres partagées que nous avions !
Refroidis, nous décidons de partir de là alors que des gens nous regardent d'un regard mauvais parce que nous allumons la lumière pour nous rhabiller et parce que nous parlons à un volume normal près de gens dormant déjà.
Elle m'offre un lift, malgré qu'elle habite à Vancouver ou Toronto et que je sois à Montréal. J'imagine que les distances importent peu, dans un univers virtuel.
Une fois dehors, nous nous dirigeons vers un stationnement et passons devant une pâtisserie qui se prépare à ouvrir, des employés s'activant devant les fourneaux dans le petit matin jaunâtre. En riant doucement, elle me dit qu'il nous reste encore à manger un beigne ensemble, un de nos projets futurs que nous avions élaborés dans nos lancées conversationnelles de la nuit. Elle me dit ça d'un ton tendre, avec un petit soupir, comme sachant qu'un événement voulu et utopique ne se produira jamais, par la force d'un destin incompatible.
Le trajet jusqu'à son camion pick-up suffit à nous montrer l'air de rien que la magie est terminée. Que le matin s'est levé et que c'est un autre jour. Pour une nuit, nous étions-nous dits. Cette constation mutuelle rend notre conversation un peu plus âcre, presque bête pour cacher que ça va quand même être douloureux de se séparer au final et préparer cette cassure. Et qui voudrait avouer qu'on souffre pour une simple conversation virtuelle d'une nuit ?
Ensemble, on charge mes affaires dans son pick-up qui est assez particulier: il n'a pas de roues et flotte un peu comme un montgolfier, au-dessus du sol, simplement retenu par de solides cordes aux quatre coins pour éviter qu'il ne s'envole. Ça nous prend une bonne coordination pour le baisser à notre niveau et notre genoux de chaque côté pour l'y garder.
À l'intérieur, c'est un peu comme si nous étions dans un bateau. Le camion volant chancelle de l'avant vers l'arrière et de l'arrière vers l'avant, suivant le souffle de la brise. On s'installe dans la cabine, avec elle derrière le volant et l'espace d'un instant, nous sommes arrivés et je me réveille.
***
***
Je me suis réveillé regaillardi d'un sommeil réparateur, avec un sourire doux. Même si le rêve se terminait quand même sur une note moins qu'idéale, j'ai ouvert les yeux en me sentant comme ce Félix que je suis et oublie souvent. Ce gars drôle, au regard franc, intelligent, intéressant et qui peut séduire. Ce gars remarquable qui pour l'espace d'une soirée, m'emmène parfois à des endroits où je ne croyais pas aller.
mercredi, juin 17, 2009
Orage, chat et bioune
Il fait putain-ment chaud. 2h23 du matin. Noir dehors. Camille me rend fou à force de miaulements depuis qu'il s'est faufilé dehors presque devant mes yeux ébahis. Faut dire que je lui fais faisais confiance à ce maudit félin ! Il n'avait jamais eu envie de sortir et depuis l'arrivée de la chaleur, ma porte-fenêtre est ouverte sans que je me soucie de guetter ce siamois, ce co-loc, ce traître en habits d'ange.
Tout a changé avec la pluie.
Aidez-moi à comprendre:
comment un chat qui s'enfuit en recevant une couple de goutelettes que je lui garroche quand il me tape trop sur les nerfs peut tripper sur la pluie et être trempé comme un chat sous la pluie ?
Non, je ne comprends pas. Alors le voilà qui maintenant veut être dehors tout le temps et me le crie, me le hurle, me le grince, me le miaule aux 4 secondes pendant toute la nuit. Mes nerfs se crispent comme une boule d'élastiques et je sens l'envie de l'envoyer dehors la face la première à bouts de bras grimper.
Rendu là, je chausse mon ipod et met quelque chose de calme, à tue-tête (pour être sûr de noyer la plainte du chat crieur). Cette fois, Alain Simard et son album "Chansons sur les filles et les autoroutes", un album que j'adore, un album qui est toujours dans mon ipod, prêt à m'attendrir comme un steak battu, un album qui parle de voyages et d'amour et me fait rêver à l'Espagne et aux femmes.
*Soupir*
Je relaxe un peu.
Tout a changé avec la pluie.
Aidez-moi à comprendre:
comment un chat qui s'enfuit en recevant une couple de goutelettes que je lui garroche quand il me tape trop sur les nerfs peut tripper sur la pluie et être trempé comme un chat sous la pluie ?
Non, je ne comprends pas. Alors le voilà qui maintenant veut être dehors tout le temps et me le crie, me le hurle, me le grince, me le miaule aux 4 secondes pendant toute la nuit. Mes nerfs se crispent comme une boule d'élastiques et je sens l'envie de l'envoyer dehors la face la première à bouts de bras grimper.
Rendu là, je chausse mon ipod et met quelque chose de calme, à tue-tête (pour être sûr de noyer la plainte du chat crieur). Cette fois, Alain Simard et son album "Chansons sur les filles et les autoroutes", un album que j'adore, un album qui est toujours dans mon ipod, prêt à m'attendrir comme un steak battu, un album qui parle de voyages et d'amour et me fait rêver à l'Espagne et aux femmes.
*Soupir*
Je relaxe un peu.
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